Le présent billet a pour but de vous donner le contexte de ma prochaine réflexion :
Il y a quelques jours, sGendro me faisait le commentaire suivant :
« Beaucoup de services ne sont pas fait pour créer du revenu mais pour augmenter le revenu d'autres services.
Par exemple Gmail, ce service ne génère aucun revenu mais il n'est pas inutile pour autant, il permet de garder les utilisateurs sur la plateforme Google et donc qu'ils utilisent le moteur de recherche de Google (qui est une source de revenu seulement si il est utilisé).
Je trouve justement qu'il manque ce principe dans tes billets (comme celui du Business Model), un service créer non pas pour être une source de revenu mais pour augmenter l'influence d'un autre service (et donc son revenu).
On retrouve ce système régulièrement, IE dans Windows (qui permet d'imposer ses outils pour les sites web), iThune pour les iPod (pour acheter des mp3 via iThune), etc etc ... »
J’avais donné un début de réponse :
« En effet, je ne crois pas avoir traité de la stratégie de firmes multi-produit qui est plus simple que le concept de marché multi-faces.
« En réalité comme vous l'évoquer cette stratégie (que je qualifie de stratégie multi-produits) est souvent utilisée sur différents marchés non propres à Internet ni même au High Tech : les marchands d'imprimantes qui gagnent de l'argent sur les cartouches, les vendeurs de rasoirs sur les lames, les vendeurs de machine expresso sur les dosettes...
Cette stratégie est également utilisée par Google ou Mac comme vous le dites bien mais plus généralement et selon moi, on peut considérer que le modèle Freemium en est une adaptation au marché des services en ligne. »
J’avais ensuite promis de poursuivre cette discussion :
« Je pense qu'il vaudrait le coup d'écrire un billet pour montrer que le concept de marché multiface va plus loin... je vais essayer de prendre le temps de le faire.. »
Tout en donnant un début d’élément de réponse :
« Sachez déjà que la différence principale tient au fait que sur un marché multi-faces la complémentarité de l'offre n'est pas intégrée par le même agent économique ni même par la même catégorie d'agent économique : il s'agit de deux catégories d'agents bien distincts, la notion d'externalité croisée est centrale dans le concept.
Le cas typique souvent utilisé pour illustrer le concept et celui du marché de la carte de crédit. Dans ce cas on s'adresse d'une part aux marchands et sur l'autre face au consommateur.
Sur la première face du marché (auquel s’adresse la société de carte de crédit) le consommateur valorise le fait qu'un maximum de marchand accepte la carte.
Sur l'autre face du marché les marchands valorisent le fait qu'un maximum de clients utilisent ce moyen de paiement...
Le dilemme pour la société de carte de crédit et de savoir si elle commence à attirer un maximum de clients ou un maximum de marchands ?
Une stratégie peut ainsi d'être de distribuer gratuitement des terminaux aux marchands (ou à un prix très bas) dans le but de pousser les clients à se dire que la carte est acceptée n'importe où et qu'ils soient donc près à la payer cher... ou inversement, distribuer des cartes de paiement à bas prix pour que les marchandise disent tous mes clients ont la carte donc il faut que j'investisse dans un terminal...
Dans cet exemple, le possesseur de carte et le marchand sont deux catégories de clients de la société de carte de crédit.
Il s'agit donc d'un cas différent d'itunes/iphone ou Gmail/Google search où l'utilisateur des produits complémentaires est le même. Néanmoins Google et mac utilisent le concept de marché multi-faces également et j'expliquerais de quelle façon prochainement. »
Comme promis je vais donc dans le prochain billet proposer une définition opérationnelle de la théorie des marchés multi-faces un peu plus détaillée et montrer comment Google et Apple savent en tirer partie !


